Open Source | Tangane - Solutions for Business Value
juil 6

Allumez votre télé mais ne la regardez pas : contentez-vous de l’écouter sans en voir les images. Arrivez-vous à saisir le contenu d’un film ? D’un jeu télévisé ? Du journal de vingt heures ? De la météo ? C’est un secret que personne ne tient à garder mais que peu de gens connaissent : l’image n’est pas indispensable à un bon journal télévisé, la voix suffit à transmettre l’essentiel de l’information.

Et ce n’est pas facile. D’ailleurs, il suffit d’écouter un film sans le regarder pour se rendre compte à quel point l’expérience peut devenir dépendante de l’image si on ne fait pas attention à répéter, de vive voix, les points importants que cette image montre.

Même à la télévision, moyen de communication inaliénablement visuel, c’est le son qui transmet l’information et relègue l’image à un statut accessoire : illustrer les paroles, mettre en confiance le spectateur, présenter l’information avec plus de clarté et d’élégance. Tout cela pour que les gens qui ne font qu’écouter leur téléviseur (parce qu’ils sont occupés à autre chose, ou tout simplement parce qu’ils ne peuvent pas voir) puissent profiter du journal télévisé.

Il existe sur internet deux types de visiteurs. D’une part, il y a la majorité, ceux qui visitent les sites avec un équipement raisonnablement moderne, capable de gérer Java, Flash, Javascript, les cookies et le CSS. Et puis, il y a les autres, qui n’acceptent pas les cookies, n’exécutent pas le Javascript, ignorent la mise en page des CSS et ne voient même pas Flash et Java. Un tout petit pourcentage que bon nombre de sites ignorent à l’heure actuelle, et pas toujours des moindres (essayez donc Facebook sans Javascript et YouTube sans Flash).

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Pourtant, il y a des situations où l’on ne peut pas ignorer ce pourcentage, aussi faible soit-il, pour deux raisons élémentaires:

  • Tous les moteurs de recherche sont dans cette catégorie. Lorsque Google visite un site, il ne voit pas tout le texte que l’auteur a mis dans un Flash ou les pages que son Javascript remplit dynamiquement après leur chargement. Ignorez cette catégorie, et votre référencement en prendra un sacré coup.
  • Les lecteurs braille ou la synthèse vocale interagissent très mal avec le contenu enrichi. Si l’auteur du site a une politique d’accessibilité (que ce soit par stratégie, ou par contrainte administrative) il n’aura d’autre choix de que de pourvoir aux besoins de ces visiteurs.

Une solution peu coûteuse à ce problème est l’amélioration progressive. Elle consiste à partir d’une page telle qu’elle sera vue par la minorité sans Java, Flash, Javascript ou même CSS. Cette étape permet de détecter en amont des problèmes d’accessibilité : un synthétiseur vocal devra lire le texte dans l’ordre, donc si le contenu intéressant est loin en-dessous du début de la page cela pourra poser des problèmes. Elle met également en valeur les problèmes de référencement : les éléments importants ont-il bien été mis en valeur par des balises appropriées (strong, em, h1, h2, …) au lieu d’être juste mis en avant visuellement par le CSS ? Enfin, il est possible de tester les fonctionnalités de la page directement : les liens sont-ils valides, les pages importantes sont-elles accessibles ?

Une fois la page conçue pour une compatibilité maximale, on commence à l’améliorer. Cela repose sur le remplacement conditionnel : si un explorateur gère une extension (le CSS, le Javascript) alors il remplace une fonctionnalité existante par une fonctionnalité améliorée. Cela ne change donc pas les fonctionnalités disponibles si les extensions ne sont pas présentes.

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jQuery est une bibliothèque de fonctions Javascript qui permet de faciliter ce travail. Au lieu d’introduire le comportement dynamique directement dans la page à l’aide des attributs onclick, onmouseover, onload et autres, un script qui utilise jQuery les introduit depuis l’extérieur de la page, souvent depuis un fichier qui ne sera même pas téléchargé par les explorateurs qui n’exécutent pas les scripts.

Un script à base de jQuery fonctionne un peu comme un fichier CSS : on sélectionne des éléments de la page à l’aide d’une syntaxe proche, puis on leur applique des propriétés pour modifier le comportement de façon plus ou moins complexe. Les possibilités sont vastes pour rendre une page plus dynamique, plus belle, plus réactive ou tout simplement mieux présentée, sans pour autant sacrifier d’accessibilité ou de référencement.

Qui plus est, jQuery fonctionne sur une architecture de plugins: il y en a des centaines pour faire à peu près tout ce qu’on peut imaginer, proposés par des développeurs partout dans le monde de façon totalement gratuite, et suivant le même principe d’amélioration progressive que le coeur de jQuery. Et tout ceci pour une taille réduite, puisque la bibliothèque principale ne pèse que 19 kilo-octets et peut être mise en cache sur l’ordinateur du visiteur.

mai 12
Seul avec l’Open Source
icon1 Victor Nicollet | icon2 Open source | icon4 12 mai 2009 |  icon3Aucun commentaire »

Il est difficile de faire publier un livre : pour des raisons évidentes de rentabilité, les éditeurs sont très sélectifs sur les livres qu’ils acceptent de corriger, mettre en page, imprimer, relier, et envoyer aux librairies. Certains imprimeurs ont sauté sur l’occasion : les auteurs peuvent payer pour faire imprimer et relier leurs livres. L’un des premiers conseils que les cercles d’écriture donnent aux jeunes auteurs est de ne surtout pas tomber dans ce piège en cédant à la facilité! Une fois le livre imprimé, il faut encore le vendre, et ce qui coûte si cher dans la mise sur le marché d’un livre n’est certainement pas son impression, mais au contraire le riche réseau de contacts qui permet à un grand éditeur de faire apparaître ses ouvrages sur les étagères des grandes librairies. Réseau que le jeune auteur qui fait imprimer ses livres n’a pas.

Quel est le rapport avec le mouvement Open Source ? Patience.

Depuis quelques années maintenant, des solutions Open Source envahissent le marché des logiciels, proposant des alternatives gratuites dans de nombreuses situations où seuls les logiciels payants constituaient des solutions sérieuses. Souhaite-t-on gérer ses relations clients ? On peut gratuitement télécharger et installer SugarCRM. Faut-il vendre ses produits en ligne ? La solution Magento est d’une popularité croissante. Doit-on s’échanger intelligemment des documents sur une plate-forme interne ? Alfresco propose une édition libre accessible à tous. Ouvrir un blog ou un site public au contenu régulièrement mis à jour ? Wordpress est là pour vous servir. Et la liste est encore longue…

Les solutions Open Source sont mûres : on est loin de l’interface utilisateur incompréhensible et sans traduction française, on est loin du logiciel à moitié incomplet dans lequel un informaticien expérimenté devra plonger jusqu’aux coudes pour accomplir les choses les plus élémentaires. Bon nombre de solutions sont maintenant fournies par des entreprises sérieuses, et peuvent se vanter de références prestigieuses et diverses.

Être Open Source, cela veut souvent dire être gratuit - l’éditeur propose alors pour se financer des services supplémentaires payants, comme l’hébergement, le support technique ou une version commerciale du logiciel proposant des fonctionnalités inédites. Pour une somme modique voir nulle, n’importe qui peut se procurer un logiciel de bonne qualité capable de satisfaire une grande partie de leurs besoins. Et c’est là tout le danger : à trop se concentrer sur le coût monétaire du produit, on perd de vue des coûts plus subtils qui n’en sont pas moins importants.

magento_logoPrenons Magento, une référence Open Source de la vente en ligne. On peut faire installer un site eCommerce en parfait état de marche pour moins de 120€. On peut même se procurer le système et l’installer soi-même gratuitement. Tout ceci rend le coût monétaire de Magento négligeable.

C’est lorsqu’on ouvre pour la première fois le panneau d’administration de Magento que l’on commence à saisir le coût non-monétaire associé. Le temps d’apprentissage pour pouvoir maîtriser les centaines d’options disponibles n’est pas négligeable.

Pourquoi l’interface d’administration est-elle si compliquée ? Parce que Magento permet de faire de la vente en ligne, et que faire de la vente en ligne est une activité compliquée : il ne suffit pas de permettre au client d’acheter, il faut l’inciter à acheter. Tout logiciel de vente en ligne abordera les mêmes problématiques et aura donc une interface aussi complexe que celle de Magento, car le vendeur doit :

  • Pouvoir renseigner et configurer ses produits, du nom au prix en passant par le stock et la photo, et les répartir dans les catégories du site, éventuellement même dans le cross-selling et l’up-selling.
  • Pouvoir gérer des sites multiples ou dans plusieurs langues, avec des règles distinctes sur les prix et les utilisateurs, ne serait-ce que pour avoir un site de test où visualiser ses modifications avant de les rendre publiques.
  • Pouvoir appliquer des promotions et des prix barrés suivant des règles plus ou moins complexes (suivant la quantité, suivant des points de fidélité, suivant les produits, suivant des codes promotionnels, suivant la période de l’année).
  • Gérer les modes de paiement en ligne, le traitement des commandes, l’expédition et les tarifs de livraison, le remboursement des produits épuisés.
  • Recevoir des rapports d’activité permettant d’évaluer le succès du site et de prendre des décisions tactiques et stratégiques.
  • Augmenter la visibilité de son site web dans les moteurs de recherche, guider la clientèle à travers le site vers les produits les plus rentables, et garantir de bonnes performances, pour que le passage des visiteurs sur le site soit fluide et agréable.

Si l’Open Source peut réduire à zéro le coût monétaire d’un produit, il ne peut pas réduire le coût d’apprentissage au-delà de la complexité intrinsèque du domaine, tout comme il ne peut pas réduire le coût d’apprentissage du domaine lui-même.

De ce point de vue, l’Open Source est cette même solution de facilité où les jeunes auteurs du haut de leur pile de livres invendus se rendent compte que la vraie difficulté n’était pas de les imprimer. Faire installer Magento pour 120€, c’est se retrouver avec un site qui fonctionne mais qu’on ne sait pas utiliser à son plein potentiel.

Faire de la vente en ligne, cela s’apprend. On peut lire des livres et des articles pour acquérir les bases et même avoir des bonnes idées et de l’intuition, mais bien des choses ne peuvent s’apprendre que par l’expérience et, souvent, par l’erreur. Et avec l’explosion de l’eCommerce ces derniers temps, le droit à l’erreur est un luxe que peu de vendeurs peuvent s’offrir…

Dans cette analogie, qui sont les vrais éditeurs, ceux qui poussent les livres jusque dans les étagères des librairies ? Ce sont les entreprises qui  ne se contentent pas de laisser leur client tout seul avec un logiciel complexe, mais qui au contraire partagent avec lui leur expérience du domaine, le forment, le conseillent, et lui proposent des stratégies adaptées à ses spécificités, qui laissent leur client avec la confiance et la capacité de pouvoir réussir son projet.